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Commentaire de
Jérôme sur Isaïe 7, 14 |
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Isaïe
7, 14
C'est pourquoi le Seigneur vous donnera
lui même un signe. Voici que la vierge concevra et mettra au monde un fils et tu lui donneras le nom
d'Emmanuel. |
Extrait du commentaire de
Jérôme.
[du Supplément au Cahiers Evangile N° 104- pages 50 - 51]
"[...] Quand le texte dit: le Seigneur vous donnera lui même un
signe, ce doit être quelque chose d'inouï et d'étonnant. Or si c'est une jeune fille ou
une jeune femme qui enfante, comme le veulent les juifs, et non une vierge, de quel signe
pourra-t-on parler, puisque ce nom concerne l'âge, non l'intégrité physique ? Et à la
vérité, pour nous mesurer pied à pied avec les juifs et ne pas leur fournir, en tirant
sur la corde de la dispute, occasion de rire de notre incompétence, une
"vierge" en hébreu se dit bethula, qui
n'est pas écrit dans le présent passage, mais au lieu de ce mot il y a alma, que toutes les versions, hormis les Septante, ont
traduit par "jeune adolescente". Au surplus alma
chez eux est un terme ambivalent: il veut dire en effet "jeune adolescente" et "cachée".
D'où dans le titre du psaume 9 où il y a en hébreu alamoth,
toutes les versions ont traduit par "l'adoslescence",
ce que les Septante ont interprété "pour ceux qui
sont cachés". Nous lisons aussi dans la Genèse, là ou Rébécca est dite alma, qu' Aquila a traduit non par "jeune
adolescente" ou "jeune femme" mais "cachée".
Donc on appelle alma non
seulement une jeune femme ou une vierge, mais avec extension de sens une vierge cachée et
retirée qui n'a jamais été exposée aux regards des hommes mais a été l'objet d'une
garde attentive de ses parents [...]. Et autant que je puisse faire l'effort de mémoire,
je crois n'avoir jamais lu le mot alma pour une femme mariée mais pour une vierge, et qui
est non seulement une vierge mais une jeune vierge dans ses années d'adolescence. Il peut
en effet arriver qu'une vierge ait un certain âge, mais cette vierge-ci était dans les
années de sa jeunesse, non pas une fillette qui ne pourrait encore connaître un homme,
mais une vierge déjà nubile. [...]"
Sur la conception virginale, qui repose sur
le grec parthenos, la vierge, de la traduction des Septante, la
polémique est ancienne avec les juifs dont les versions grecques récentes traduisaient
l'hébreu alma par neanis, la jeune femme. Jérôme reprend d'abord à son
compte l'argument que, de Justin et Irénée jusqu'à son époque, la tradition leur
opposait : où serait le signe s'il s'agissait d'une
naissance normale ? Mais lui qui prônait le retour à l'hébreu comme au texte authentique de l'Écriture ne pouvait s'en tenir là : d'où la minutieuse discussion sémantique
sur la valeur exacte du mot hébreu, qui s'efforce de montrer que l'interprétation
traditionnelle s'accorde avec l'hebraica veritas. |
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